La Gradiva : la jeunesse comme une nuée ardente

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Date de publication : 21.10.26

Voilà plusieurs années que nous admirions le travail de Marine Atlan en tant que cheffe opératrice : elle est notamment derrière les images mémorables de Nos Cérémonies de Simon Rieth (2022), Le Ravissement d’Iris Kaltenbäck (2023) ou encore L’Engloutie de Louise Hémon (2025). Nous attendions donc La Gradiva, son premier long-métrage en tant que réalisatrice, avec une grande curiosité. Après avoir fait sensation à la Semaine de la critique en mai dernier, ce film, qui met en lumière une jeunesse ardente, arrive dans les salles françaises en ce mois d’octobre 2026.

Retour sur le film La Gradiva  de Marine Atlan

Un voyage scolaire dans une ville fantôme

Que l’on ait eu la chance d’en vivre un ou pas, le voyage scolaire convoque un certain imaginaire. C’est une parenthèse hors du temps, pendant laquelle le cadre scolaire quitte la salle de classe pour se déplacer dans le monde et accompagner les premiers instants enivrants d’une liberté vertigineuse. Pour en saisir toute la vérité, Marine Atlan et Anne Brouillet, co-scénariste de La Gradiva, ont accompagné une classe d’un lycée parisien en voyage scolaire à Pompéi avant le tournage. À l’issue d’un long casting qui a duré deux ans, Marine Atlan et son équipe ont ensuite constitué un groupe de vingt jeunes comédiens pour former la classe fictive du film. Le long-métrage n’est pas seulement le fruit d’une écriture nourrie d’échanges et de recherches auprès de la jeunesse contemporaine, il est celui d’un véritable travail collectif. L’énergie du groupe, les singularités qui s’entrechoquent et les sensibilités qui se rencontrent font de La Gradiva une œuvre qui vibre et qui gronde jusqu’à nous toucher en plein cœur.

Ce qui est saisissant dans le film, c’est aussi la façon dont il joue avec les paradoxes et les contrastes. À l’instar des villes qu’ils visitent, Naples, bouillonnante, et Pompéi, figée dans le temps, les élèves forment un groupe très hétérogène. Derrière les moqueries et les archétypes qu’on pense voir se dessiner, on découvre peu à peu des personnalités complexes qui composent, ensemble, le portrait d’une jeunesse éclairée et combative. La première partie du film mêle de longues scènes de groupe à des observations presque documentaires des décors italiens. Si La Gradiva est un véritable film choral, il se concentre régulièrement sur le point de vue du personnage de Toni, interprété par Colas Quignard, qui profite de ce voyage pour interroger ses origines, dans l’espoir d’y trouver de quoi se construire. 
 

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S’abandonner au désir et à la colère

Dire qu’il y a un point de bascule vers le drame dans La Gradiva ne serait pas tout à fait exact, car une mélancolie prophétique s’installe dès le début du film. Le récit ne bascule pas brutalement vers le drame, il l’embrasse progressivement, comme une fatalité. Alors, les débats qu’ouvre le film à propos du déterminisme, du patriarcat et des luttes sociales convergent vers un même constat : celui d’un échec collectif à s’écouter les uns les autres. Sans être didactique, le film contemple, avec beaucoup de considération et de respect, une génération qui suffoque et qui, malgré tout, déploie des trésors d’intelligence et de détermination qui donnent foi en l’avenir.

Si l’on devait retenir une seule phrase parmi les dialogues denses et puissants de La Gradiva, ce serait sans l’ombre d’un doute : « Tout n’est pas sale. ». Ces quelques mots prononcés par le personnage de Suzanne (interprétée par Suzanne Gerin) sont sans doute ceux qui traduisent le mieux le sentiment éprouvé au moment du générique de fin. Marine Atlan signe un film qui résonne aujourd’hui, mais qui fera aussi date comme le portrait d’une génération, saisi au moment où la beauté rencontre la tristesse. Entre ce qui est bloqué et ce qui avance, derrière les rêves déçus, les revendications, les opinions et les croyances, La Gradiva dessine, au milieu des orangers, le chemin des possibles et de ce qu’il reste à espérer.


Marie Serale

Gagnez vos places pour le film La Gradiva

Quelle est la date de sortie du film La Gradiva de Marine Atlan ?  

Le 21 octobre 2026.

Quels sont les thèmes abordés dans La Gradiva ? 

La jeunesse, l'adolescence, le voyage initiatique, l'amitié, les revendications, l'histoire antique, le désir, la jalousie, la nostalgie. 

Quel prix a remporté La Gradiva  à Cannes ? 

Présenté en compétition officielle dans la catégorie « Semaine de la critique » au Festival de Cannes 2026, La Gradiva remporte le Grand prix de la Semaine de la critique.

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