La vie d’une femme, sans compromis

© Copyright Pyramide Distribution

Date de publication : 10.09.26

Après avoir filmé des héroïnes qui s’abandonnent à la passion amoureuse dans Pauline asservie (2018), puis Les Amours d’Anaïs (2021), Charline Bourgeois-Tacquet raconte aujourd’hui l’histoire d’une femme qui vit sa vie sans compromis. Présenté en compétition du 79e Festival de Cannes, La vie d’une femme met en scène Léa Drucker dans le rôle de Gabrielle, 55 ans, qui jongle entre son métier de chirurgienne et cheffe de service à l’hôpital et sa vie privée. La cinéaste dessine encore une fois le portrait d’une femme passionnée, mais surtout accomplie et profondément libre.

Retour sur le film La vie d’une femme  de Charline Bourgeois-Tacquet

Une héroïne qui va bien

Alors que la caméra scrute la peau de Gabrielle, durant les premières secondes de La vie d’une femme, on s’interroge déjà. Qui est-elle ? Est-elle heureuse ? Entrer dans l’intimité d’un personnage de cinéma est souvent vertigineux : on ne sait rien de lui, et pourtant, le temps d’un film, on voit la vie à travers ses yeux. Charline Bourgeois-Tacquet choisit de nous présenter Gabrielle (Léa Drucker) alors qu’elle s’abandonne au plaisir. L’instant d’après, Gabrielle est filmée dans la rigueur de son quotidien à l’hôpital. S’ensuit une succession de chapitres, comme une multitudes de fragments de vie pour reconstituer le portrait de cette femme qui ne cesse d’agir et de décider, dans tous les aspects de sa vie.

« J'avais envie de faire le portrait d’une femme qui va bien, une femme de cinquante-cinq ans qui a placé le travail au centre de son existence, sans renoncer pour autant à sa vie amoureuse et sexuelle. Je voulais aussi qu’elle n’ait pas d’enfant et que ce soit un choix assumé. » a déclaré Charline Bourgeois-Tacquet dans l’entretien publié dans le dossier de presse du film. Sans chercher la séduction ou le spectaculaire, la cinéaste nous présente une femme qui s’est trouvée depuis longtemps et qui vit sa vie comme elle l’entend. Si l’on apprécie particulièrement de voir au cinéma une héroïne de 55 ans qui n’est ni cantonnée à un rôle de mère ni réduite à sa vie amoureuse, ce qui est le plus fascinant chez Gabrielle, c’est sa liberté. C’est en s’autorisant à se choisir qu’elle entame une histoire avec Frida (Mélanie Thierry) et qu’elle se confronte à une autre forme de liberté : celle d’embrasser sa fragilité.
 

© Copyright Pyramide Distribution

Gabrielle vit et Léa brille

Après deux César de la meilleure actrice (pour Jusqu’à la garde de Xavier Legrand en 2019 et Dossier 137 de Dominik Moll en 2026), Léa Drucker est loin d’avoir fini de nous impressionner. Dans le rôle de Gabrielle, on la redécouvre dans toute son intensité : Charline Bourgeois-Tacquet lui offre une partition magnifique, entre force tranquille et sensibilité. Elle est tour à tour déterminée, surinvestie et parfaitement crédible en blouse blanche, puis forte et courageuse lorsqu’elle accepte de devenir la tutrice légale de sa mère, et enfin plus vulnérable dans les bras de Frida. Elle donne toute sa profondeur à ce personnage qui trouve son bonheur dans le mouvement constant.

Si l’on devait résumer La vie d’une femme, en quelques mots, on choisirait sans doute le titre du premier chapitre du film : « Je veux tout ». Charline Bourgeois-Tacquet signe un long-métrage réfléchi et inspirant sur une femme qui embrasse ses ambitions, ses désirs et ses émotions. Sans chercher à nous présenter un modèle de perfection, la cinéaste nous propose le portrait d’une héroïne qui vit, travaille, aime et traverse les épreuves en restant fidèle à ce qui l’anime au plus profond d’elle-même.

Marie Serale


Date de sortie du film La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet : le 09/09/2026
 

Retrouvez toute l'actualité du cinéma