Love on Trial : idoles en lutte

© 2025 “Love On Trial” Film Partners

Date de publication : 25.03.26

Popularisé dans les années 1960 au Japon, le terme « idols » désigne des jeunes artistes et des stars de J-pop, un genre musical qui fait partie intégrante de la culture japonaise. Son influence s’est étendue à de nombreux autres pays, comme le Corée du Sud. Aujourd’hui, le succès commercial du film KPop Demon Hunters ou celui du groupe BTS, qui vient de faire un retour retentissant, témoignent d’un phénomène mondial. Derrière les paillettes et les couleurs vives se cache pourtant une industrie impitoyable. Dans son nouveau film, Love on trial, Kōji Fukada explore les coulisses de la J-pop, où un droit universel est remis en cause : le droit d’aimer.

Retour sur le film Love on Trial de Kōji Fukada

Ce que veulent les fans

De Au revoir l’été (2013) à Love life (2022), en passant par Harmonium (2016), Kōji Fukada a examiné la société japonaise tout au long de sa filmographie. Dans Love on trial, il s’intéresse aux « idols », ces groupes de jeunes chanteuses aux costumes colorés et aux tubes pop fabriqués pour le succès. À travers l’ascension d’un groupe fictif appelé Happy Fanfare, le cinéaste dénonce les abus d’une industrie dominée par le patriarcat. Le film suit le parcours de Mai, l’une des chanteuses du groupe, poursuivie en justice par sa propre agence, car elle est tombée amoureuse, malgré l’interdiction formelle inscrite dans son contrat. Aussi absurde et révoltante soit-elle, cette interdiction est pourtant très répandue au Japon et ailleurs. Car comme le montre Love on trial, le succès de l’industrie de la J-pop repose en grande partie sur l’image de ses idoles, qui doivent incarner la pureté et rester désirables à tout prix.  

Divisé en deux grandes parties, le récit s’intéresse d’abord au quotidien professionnel des membres de Happy Fanfare, des répétitions aux concerts, en passant par les rencontres avec les fans et les lives sur les réseaux sociaux. À travers une mise en scène sobre et élégante, qui contraste avec les couleurs criardes du système qu’il dépeint, Kōji Fukada raconte comment les agences artistiques tyrannisent les jeunes talents, mais exploitent aussi leurs fans, contraints d’acheter des dizaines de disques pour espérer passer quelques minutes avec leur idole. Love on trial met en lumière une course au profit, guidée par les désirs des fans, mais aussi par le contrôle du corps et de l’image des jeunes femmes. 

© 2025 “Love On Trial” Film Partners

Le procès entre l’amour et l’industrie

Dans un second temps, le film suit le combat intime et judiciaire de Mai. Interprétée par Kyōko Saitō, ancienne chanteuse du groupe de J-pop Hinatazaka46, cette héroïne voit sa carrière voler en éclats, car elle refuse de renoncer à sa liberté. En luttant contre l’industrie qui faisait jadis l’objet de ses fantasmes, Mai se réapproprie ses rêves et ses désirs. Love on trial donne ainsi la parole à des héroïnes que la société patriarcale tente de transformer en poupées. Si le film est dénonciateur, il explore aussi les relations humaines et les convictions de ses personnages avec une subtilité remarquable. Le choix de s’intéresser à la sororité plutôt qu’à la rivalité est notamment l’une des grandes forces du récit.

En jouant avec les contrastes entre cruauté et poésie, Kōji Fukada nous offre un long-métrage tout en finesse. Le cinéaste dissèque l’industrie musicale japonaise à travers un récit convaincant, sans sensationnalisme. Les mots de Mai, l’héroïne combative de Love on trial résonnent comme un souffle d’espoir : « Je ne veux rien regretter. ».


Marie Serale


Date de sortie du film Love on trial : le 25/03/2026

Les festivaliers de l'édition 2025 du Festival Nouvelles Vagues, ont déjà eu l’opportunité de découvrir le film Love on Trial de Kōji Fukada.

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