Festival Télérama : tout ce qu’il faut savoir sur la 28e édition
Une partie de la sélection des « films Télérama » à (re)découvrir en salles
The Brutalist, Brady Corbet
Ce n’est pas tous les jours que le 7e Art nous offre une proposition de cinéma comme celle-là. D’une durée de trois heures trente, cette oeuvre colossale, superbe, presque écrasante de drame et de beauté, raconte l’ascension aux États-Unis d’un Juif hongrois rescapé des camps, László Toth (Adrien Brody), « découvert » par un riche industriel américain (Guy Pearce, dans un rôle similaire à celui qu’il incarnait dans Des Hommes sans Loi) lors d’un projet de rénovation de bibliothèque. Exigeant et captivant.
Valeur sentimentale, de Joachim Trier
Ce drame familial raconte le retour d’un homme dans sa famille après des années d’absence, ravivant des blessures enfouies et des liens jamais vraiment rompus. Le réalisateur norvégien (Julie (en 12 chapitres)) y observe, avec une grande délicatesse, la mémoire affective, le poids du passé et ce qui reste quand l’amour n’a jamais su se dire. Récompensé à Cannes par le prestigieux Grand Prix, cette histoire triste entre un père et sa fille dure et émouvante ne vous est pas recommandé par la rédaction en cas de moral dans les chaussettes !
La Petite Dernière, Hafsia Herzi
Prix d’interprétation à Cannes 2025, Nadia Melliti, révélation de ce troisième long-métrage signé de l’actrice et réalisatrice française Hafsia Herzi (après Tu mérites un amour et Bonne Mère), illumine un film « d’apprentissage tendre et tourbillonnant » (Télérama). Pourtant, le sujet n’est pas facile. Adapté du roman de Fatima Daas, il raconte le parcours d’une Française d’origine maghrébine dont l’adolescence la met face à un dilemme : issue de la banlieue, elle est lesbienne, musulmane pratiquante, bonne élève… Foi et désirs seront-ils compatibles ?
Sirāt, Óliver Laxe
Sirât suit un homme et son fils traversant le désert marocain pour rejoindre une rave perdue où est supposée se trouver leur fille et sœur, jusqu’à ce que le voyage devienne une épreuve intérieure, presque mystique. Au pied de l’Atlas, Oliver Laxe y filme la marche comme une expérience de dépouillement, où le silence, la transe et la nature mettent à nu la fragilité humaine.
L’Inconnu de la Grande Arche, de Stéphane Demoustier
Fait assez surprenant, après The Brutalist, l’année 2025 aura connu un second architecte au destin extraordinaire. Cette fois, c’est un Danois qui se découvre lauréat surprise d’un concours architectural chapeauté par François Mitterrand pour la construction de l’immense Arche de la Défense. Stéphane Demoustier dresse le portrait d’un homme broyé par le pouvoir, l’ambition et la démesure symbolique de l’architecture, au coeur d’un jeu politique que son inflexion vis-à-vis de son propre Art est incapable de cautionner. Faire des concessions ? Jamais !
Black Dog, de Guan Hu
Il y a quelque chose du western et du film apocalyptique dans ce Black Dog à l’image délavée, dont l’intrigue se déroule peu de temps avant les JO de Pékin de 2008. L’histoire suit le retour d’un homme solitaire, emprisonné pour meurtre, dans sa ville natale, près du désert de Gobi. Dans cette contrée chinoise aux allures de Far West, que les autorités cherchent à « nettoyer » de ses chiens errants et de ses bâtiments vétustes, le personnage principal noue une relation inattendue avec un chien errant, considéré comme le pire d’entre tous. Si Truffaut affirmait que « Tout ce dont vous avez besoin pour faire un bon film, c’est d’une fille et d’un bon flingue », Guan Hu, lui, parie plutôt sur un homme et un chien… Et le pari est réussi !
Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson
Sorti au mois de septembre, le dernier film du réalisateur de Boogie Nights (1997), de Licorice Pizza (2021) ou encore de There Will Be Blood (2007) suit un ancien révolutionnaire (Leonardo DiCaprio) traqué par un ennemi issu de son passé tumultueux. Si les thèmes soulevés par le cinéastes -l’épuisement de l’engagement, la répétition des luttes et ce moment fragile où l’on se demande pourquoi et pour qui on continue à se battre - n’ont pas convaincu tous les spectateurs, il n’en demeure pas mois que cette fresque de presque 3 heures à de quoi captiver.
Notre sélection de films en avant-première à ne pas louper pendant le festival Télérama
The Mastermind, Kelly Reichardt
Josh O’Connor est-il en train de s’imposer comme un des chouchous du cinéma d’auteur ? L’acteur britannique, actuellement à l’affiche de Rebuilding, incarne ici dans le Massachussetts des 70’, un homme persuadé d’avoir trouvé le coup parfait à travers un vol d'oeuvres d’art. Ce « non héros » sans qualité, mais auquel le comédien donne un charme fou, s’enfonce peu à peu dans une spirale de décisions bancales et de désillusions. Kelly Reichardt y observe avec une précision sèche l’écart entre le fantasme de maîtrise et la réalité, où l’échec se construit souvent à bas bruit.
Le Gâteau du président, Hasan Hadi
Dans l’Irak des années 1990, Lamia, une fillette, est chargée de préparer un gâteau pour l’anniversaire de Saddam Hussein, mission à la fois absurde et dangereuse. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien… Le journaliste irakien Hasan Hadi raconte avec ce premier film la peur quotidienne, la pénurie et la violence du pouvoir qui s’infiltre jusque dans les gestes les plus simples, à hauteur d’enfant.
Quand, où et comment assister au festival ?
Pour voir ou revoir les meilleurs films de l’année sélectionnés par la rédaction de Télérama, ainsi que sept films en avant-première, rendez-vous dans un des 500 cinémas AFCAE (Association française des cinémas d'art et d’essai) partout en France. Pour profiter des séances à 4€ par personne, il faut vous abonner afin d’obtenir le Pass, valable pour 2 personnes sur toute la programmation du festival.