Il Maestro : un été entre mer et terre battue

© Copyright Universal Pictures

Date de publication : 13.03.26

Avec son court digne d’une arène, où la tension se joue à travers un champ-contrechamp permanent, le tennis a inspiré de nombreux cinéastes. S’il permet d’explorer l’exigence, la compétition ou la pression, ce sport est souvent un prétexte pour aborder bien d’autres sujets au cinéma. Pour réaliser son quatrième long-métrage, Andrea Di Stefano s’est inspiré de ses souvenirs d’enfance, mais aussi du sentiment universel qu’un été peut tout changer.

Le mentor et le champion

Il Maestro introduit ses deux protagonistes en suivant un schéma plutôt classique : Raul (Pierfrancesco Favino), ancien joueur de tennis professionnel, est engagé par Pietro, le père de Felice (Tiziano Menichelli) pour devenir l’entraîneur du jeune garçon. Pendant un moment, on croit assister au développement de la relation de travail entre un jeune espoir du tennis italien et une star déchue, entre un futur champion et son mentor. Pourtant, le film ne suit pas le chemin du travail acharné, jalonné de rituels et de sacrifices, construit par Pietro pour conduire Felice au succès. Du haut de ses treize ans, le garçon porte sur ses épaules le poids des espoirs de son père, qui l’élève dans la discipline et la rigueur. Chacun de ses matchs est minutieusement préparé, décortiqué et analysé. En confiant son fils à un entraîneur professionnel, Pietro croit lui garantir le succès. Felice est talentueux et travailleur, Raul a connu la gloire, et pourtant, la magie n’opère pas, il y a comme un grain de sable dans le mécanisme.

Le temps d’un été où Raul et Felice parcourent l’Italie, entre tournois, défaites et dérives, Il Maestro nous plonge dans un récit d’apprentissage mutuel. À travers le personnage cabossé et vulnérable de Raul, Andrea Di Stefano déconstruit la figure du mentor. Au contact de cet entraîneur douteux, dont les excès masquent des blessures profondes, Felice va être contraint de s’écarter du chemin que son père lui avait tracé. Alors que le mentor sombre dans la dépression et que l’élève fait face à la désillusion, le duo trouve une impulsion inattendue. 

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Exister au-delà de ce que les autres attendent de soi

Dépassant la volonté de représenter le tennis à l’écran et d’explorer les valeurs qui lui sont associées, le long-métrage nous transporte dans un voyage parfois mélancolique, mais toujours guidé par une quête de liberté. À travers l’aventure de Raul et Felice, Il Maestro aborde à la fois la santé mentale et l’injonction à la réussite. L’apprentissage que promet le récit s’avère moins sportif que spirituel, car ensemble, les deux protagonistes réalisent peu à peu que vivre, c’est exister au-delà de ce que les autres attendent de soi.

Il Maestro nous offre ainsi un périple entre ombre et lumière le long de la côte italienne, aux côtés d’un duo attachant. Si le long-métrage surprend en explorant la fragilité de ses personnages, on aurait apprécié que le sujet de la santé mentale au masculin soit encore plus approfondi.

Marie Serale

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