La Vénus électrique : coup de foudre et coup monté

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Date de publication : 13.05.26

Après Partir un jour, la jolie comédie musicale d’Amélie Bonnin en 2025, c’est La Vénus électrique de Pierre Salvadori qui ouvre le 79e Festival de Cannes. Avec sa fable d’époque qui nous transporte dans le Paris bohème de 1928, le cinéaste promet des étincelles sur la Croisette. Retour sur une histoire d’amour et de subterfuges.

Retour sur le film d’ouverture du 79e Festival de Cannes : La Vénus électrique de Pierre Salvadori

Les amants bohèmes

Nous sommes en 1928, dans le faubourg de Saint-Ouen. Au beau milieu d’une foire, une jeune femme se prépare à monter sur scène et à offrir un coup de foudre, à qui voudra bien payer la modique somme de trente centimes. Depuis ses quinze ans, Suzanne (Anaïs Demoustier) est contrainte de s’électrocuter du matin au soir pour donner l’illusion aux badauds qu’un seul de ses baisers peut les faire entrer en transe. Lasse d’être exploitée de la sorte par son patron Titus (Gustave Kervern), elle s’introduit dans la roulotte d’une voyante pour lui subtiliser un peu de vin d’opium. Prise en flagrant délit par Antoine (Pio Marmaï), un peintre qui souhaite entrer en contact avec son épouse décédée, Suzanne s’improvise diseuse de bonne aventure. Ce qui n’était qu’une imposture laisse bientôt place à une passion naissante…

Dès les premiers instants du film, Pierre Salvadori nous plonge dans les coulisses de cette fête foraine rétro où la seule magie qui existe réside dans l’art de faire disparaître l’argent des spectateurs. Lorsque nous découvrons le numéro de la Venus electrificata, c’est l’âme du récit qui prend vie devant nos yeux : un jeu d’amour, d’illusion et de sensations pour apaiser les cœurs. Sous le chapiteau de La Vénus électrique, on ne voit ni mimes, ni clowns, mais seulement des âmes en peine, en quête d’amour et de liberté. Pierre Salvadori tisse un récit doux-amer entre passé et présent, riche en quiproquos, en secrets inavoués et peuplés de personnages flamboyants. 

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Des étincelles au bout des doigts  

À travers des films comme Hors de Prix (2006) ou En liberté ! (2018), Pierre Salvadori a dessiné une filmographie qui mêle comédie et mélancolie, en s’intéressant à des sentiments contrariés, des maladresses charmantes et des personnages qui cherchent leur place. Dans La Vénus électrique, il ne s’encombre pas des clichés du film d’époque, mais en exploite plutôt la poésie. Des lentilles de contact bleu pâle portées par Suzanne, aux scènes jouées en ombres chinoises devant une tenture, le cinéaste signe une mise en scène élégante et malicieuse.

De La Vénus électrique, on retient finalement le portrait de deux héroïnes déterminées, Suzanne et Irène, et leurs sublimes interprètes : Anaïs Demoustier et Vimala Pons. Sans se connaître, les deux femmes partagent des chemins de vie similaires, guidés par la survie et l’espoir d’un amour profond. Si son récit manque parfois de rythme, en contraste avec l’énergie de ses héroïnes, Pierre Salvadori signe un film charmant qui tient sa promesse d'étincelles et de sensations. 

Marie Serale


Date de sortie du film La Vénus électrique de Pierre Salvadori : le 13/05/2026

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