Amour Apocalypse : vertiges d’un coup de foudre

© L'Atelier Distribution

Date de publication : 16.01.26

Le cinéma et l’amour ne sauveront peut-être pas le monde. Cependant, ils ont le pouvoir de nous rassembler et de nous donner envie d’agir. Dans son nouveau film Amour Apocalypse, Anne Émond nous présente un personnage qui souffre d’un mal très actuel : l’écoanxiété. Parmi tous les remèdes qu’il va essayer, l’amour est de loin le plus efficace, mais aussi le plus imprévisible. Retour sur une comédie romantique remplie de promesses…

Une romance déroutante

En 2025, après sa première mondiale à la Quinzaine des cinéastes, Amour Apocalypse a été récompensé du Grand Prix du jury du Festival du Film de Cabourg, qui met à l’honneur le romantisme sous toutes ses formes. Il faut dire que le film d’Anne Émond est une comédie romantique particulièrement déroutante. On y suit le quotidien d’Adam (Patrick Hivon), 45 ans et propriétaire d’un chenil. Adam est écoanxieux et prêt à tout essayer pour aller mieux : le sport, la méditation, les médicaments, et même une lampe de luminothérapie, mais rien y fait. Dans un élan de désespoir, il contacte le service après-vente de sa nouvelle lampe et il fait la connaissance de Tina (Piper Perabo). Lorsqu’on découvre sa voix douce et apaisante au téléphone, on pense immédiatement à celle de Scarlett Johansson dans Her de Spike Jonze. Pourtant, heureusement pour Adam (et pour nous), Tina est bien réelle. Et si la luminothérapie ne semble apporter aucun secours à notre héros, cette femme apparaît dans sa vie comme un véritable soleil.

Si d’autres films ont déjà montré des passions qui naissent à l’aube de catastrophes naturelles ou de la fin du monde, Amour Apocalypse nous surprend par bien des aspects. Le film ne se contente pas de recycler les schémas narratifs des comédies romantiques, mais propose une représentation plutôt réaliste de l’anxiété et du sentiment d’impuissance qui y est souvent associé. Amour Apocalypse refuse aussi le cliché de la romance qui vient guérir le héros, en nous racontant plutôt un amour qui apporte une énergie nouvelle à deux individus. D’autre part, Anne Émond développe une narration qui s’appuie sur des ruptures de ton, en ponctuant le récit de séquences de méditation guidée, par exemple. À travers sa façon d’aborder la santé mentale, sujet encore tabou dans notre société, et son récit imprévisible, Amour Apocalypse s’impose comme une comédie romantique singulière et subversive. 

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Tant qu’il restera de la tendresse

Le personnage d’Adam a beau s’occuper des chiens qu’il recueille dans son chenil avec beaucoup d’amour, il ressent une profonde solitude. Il évolue en décalage avec les gens qu’il côtoie au quotidien, comme son père, son frère ou son employée Romy. Entre hypersensibilité et perte de sens, il se débat pour garder le contrôle sur sa vie. Le monde va mal et lui aussi. On pourrait s’attendre à ce que sa rencontre avec Tina lui apporte une forme d'apaisement, une parenthèse de tranquillité. Pourtant, l’amour frappe d’abord Adam comme la foudre. En parallèle de cette connexion inespérée, les éléments se déchaînent, le chaos s’installe, mais semble aussi promettre un renouveau.

Amour Apocalypse nous plonge ainsi dans le rêve (ou le cauchemar) éveillé que vit Adam, persuadé de n’attendre plus que la fin du monde. En n’hésitant pas à saupoudrer sa romance d’étrangeté et d’éléments fantastiques, Anne Émond nous raconte un amour profondément vivifiant. Le duo formé par les excellents Patrick Hivon et Piper Perabo, dont l’alchimie irradie l’écran, est attendrissant. En embrassant sa charmante bizarrerie avec beaucoup d’humour, le film nous invite à nous reconnecter à nous-même, aux autres et au monde. 

Au cinéma dès le 21 janvier 2026.

Marie Serale

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